Au commencement, il y a l’attirance, inexpliquée et incontrôlable.
 
La ruée vers l’Art :
Nicolas de Stael, Viera Da Silva, Geneviève Asse, Olivier Debré, Zao Wou-Ki , Tal Coat, Jean Degottex...
 
Débute ensuite une longue marche…
Entre le beau, le vrai, le pur et le sincère, entre la pertinence et l’enthousiasme,
les toiles explosent de générosité.
 
Se dévoile alors, impatient, le désir de la "Belle Peinture" celle qui me trouble et m'enveloppe, celle qui m’invite à la toucher et à la regarder sous toutes ses formes.
 
S’engage ainsi le jeu impudique des sens en cavale.
De l’odeur des pigments à la main sur la toile,

passent les émotions, petits bonheurs et grands moments.
 
Aujourd’hui, c’est à mon tour de me battre quand la toile me refuse !
C’est à moi d’y revenir mille fois s’il le faut jusqu’à l’entente apaisée.
 
Jusqu’au moment où je pourrai enfin ne plus penser à elle !
Jusqu’à la pose délicieuse dans le contentement… jusqu’à la prochaine petite folie !
 
Il suffira pour cela que je m’arrête chez le marchand de couleurs
et que mes mains plongent frénétiquement dans les tiroirs ouverts,
estimant à l’envi la multiplication vertigineuse des combinaisons à venir.
 
Quand je crée, du bout des doigts, une nuance nouvelle,
quand mes mains réunies modèlent les matières dociles,
je sens dans cette alchimie merveilleuse se rassembler toutes les parties de mon être.
 
Dans ces moments un peu magiques, j’ai le sentiment voluptueux d’accéder à une partie de l’inexplicable…
 
A vous qui passez devant ma toile,
Je souhaite du fond de mon cœur, du cœur de ma création, qu’elle vous accompagne au-delà de cet instant fugace, qu'elle vienne vous raconter cette histoire dont vous êtes le seul à connaître l’intrigue, qu’elle vous donne la certitude du chercheur, et murmure à vos yeux  cette chanson invisible qui se cache là.

Anne Geffrelot